Algérie: le fils de Belhadj, membre d’Aqmi, tué avec des complices

Abdelkahar Belhadj, membre d’Al-Qaïda au  Maghreb islamique (Aqmi) et fils d’un célèbre chef islamiste algérien, a été  tué avec deux complices dans un véhicule kamikaze en route pour Alger,  épargnant peut-être à la capitale un attentat meurtrier pendant le ramadan.    Abdelkahar Belhadj, fils d’Ali Belhadj, l’ex-numéro deux du Front islamique  de Salut (FIS, interdit depuis 1992) a péri avec deux complices kamikazes dans  l’explosion de leur voiture Hyundai Atos grise lundi à une soixantaine de  kilomètres d’Alger, a déclaré jeudi une source gouvernementale à l’AFP.    L’explosion « a également fait trois blessés parmi les militaires qui  avaient tiré sur le véhicule refusant de s’arrêter, selon cette source.    Toutefois, Abdelhamid Belhadj, le frère d’Ali Belhadj, a affirmé au  téléphone à l’AFP que la famille « n’avait pas été appelée par les services de  sécurité pour être informée de sa mort »    Agé de 23 ans, Abdelkahar Belhadj, membre d’Aqmi depuis 2006, s’était alors  rebaptisé « Mouawia » (un compagnon du prophète Mahomet). Il avait été condamné à  mort par contumace en 2009 en Kabylie pour participation à plusieurs attentats  sanglants.    Sa mort, initialement annoncée par le quotidien arabophone Ennahar a été   »confirmée » de source gouvernementale. « C’est le fils d’Ali Belhadj qui a été  tué. Il y a eu identification par l’ADN » du corps du jeune homme, a déclaré à  l’AFP un responsable qui a souhaité conserver l’anonymat.    Tous trois étaient « originaires d’Alger », l’un d’eux portait une ceinture  d’explosifs et le véhicule se dirigeait vers Alger « vraisemblablement » pour y  commettre un attentat, selon cette source.

La période du ramadan propice aux attentats

Depuis quelques jours, en prévision d’août, mois du ramadan propice aux  attentats, les forces de sécurité ont multiplié les mesures de sécurité.    C’est ainsi que sur la route nationale N°5, entre Alger et la Kabylie (est)  où opèrent nombre de groupes islamistes, de nombreux barrages militaires   »arrêtent voiture après par voiture surtout en direction de la capitale, selon  plusieurs témoins.    Selon l’éditeur d’Ennahar Mohamed Mokaddem, un expert en matière de  questions sécuritaires, « de nombreux attentats ont été déjoués et au moins 15  terroristes préparant des attentats ont été arrêtés ces derniers temps ».    Depuis le printemps, plusieurs attentats ont touché le nord-est de  l’Algérie. Le plus spectaculaire a été une double explosion kamikaze le 16  juillet devant le commissariat de Bordj Menaïel. Revendiqué par Aqmi, il a fait  2 morts et 14 blessés.    Mais à Alger, il n’y a pas eu d’attentat suicide depuis l’explosion de deux  voitures piégées 2007 contre le Conseil constitutionnel et le Haut commissariat  pour les réfugiés de l’ONU (HCR). Revendiqués par Aqmi, ces deux attaques ont  fait 41 morts, dont 17 employés de l’ONU, et 177 blessés.

Le chaos libyen menace pour la sécurité de l’Algérie

« On peut dire qu’il y a recrudescence de kamikazes » en Algérie, estime M.  Mokaddem, soulignant que la situation est aujourd’hui différente « en raison du  conflit libyen » et de la prolifération d’armes dans la région.     »Les explosifs découverts par les forces de sécurité durant leurs  opérations  anti-terroristes n’existent pas en Algérie », indique-t-il encore  citant « des sources sûres ».    Les autorités algériennes ont à plusieurs reprises exprimé leur inquiétude  du chaos en Libye voisine -où les Kadhafistes restent depuis des mois aux  prises avec une rébellion soutenue par l’Otan- et annoncé un renforcement  significatif de la surveillance de leur frontière de plus d’un millier de  kilomètres en plein Sahel.

anis rahmani / source: Par Béatrice KHADIGE pour AFP

Aqmi : Abou Zeid ne serait pas celui qu’on croit, selon Anis Rahmani

Le journaliste algérien Mohamed Mokeddem, alias Anis Rahmani, affirme dans un livre sorti à l’occasion du XVe Salon du livre à Alger que tout le monde se trompe sur la véritable identité d’Abdelhamid Abou Zeid.
Le journaliste et directeur du quotidien algérien arabophone Ennahar, Mohamed Mokeddem (plus connu sous son nom de plume, Anis Rahmani), est réputé pour ses informations sécuritaires. Il révèle dans un ouvrage paru aujourd’hui à l’occasion de la Foire du livre d’Alger (Al-Qaïda au Maghreb islamique, contrebande au nom de l’islam, Éditions Casbah) qu’Abdelhamid Abou Zeid, chef du commando d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) n’est pas … Abou Zeid. Ou plutôt, n’est pas celui qu’on croyait être depuis plusieurs années.
Selon Mokeddem, il s’appellerait en réalité Mohamed Ghadir, et non Abid Hamadou, comme l’atteste le mandat de recherche émis par Interpol, en 2006. Cette affirmation contredit également les documents établis jusqu’à maintenant par le FBI et par la CIA, ainsi que les éléments anthropométriques figurant sur la liste rouge des individus recherchés, établie par les services des Nations unies.
Cette méprise, selon Mohamed Mokeddem, s’explique par le fait que les deux hommes « ont la même histoire : tous deux étaient à l’origine des contrebandiers qui ont rejoint le Front Islamique du Salut (FIS – matrice politique des groupes islamiques armés algériens) de leurs communes respectives ». Ils ont « le même profil : un frère et deux cousins qui se sont alliés à eux et ont rejoint les groupes armés », ajoute le journaliste. Pour argumenter sa thèse, Mokeddem affirme que Mohamed Ghadir est blanc, né dans la région de Debdeb, non loin de la frontière libyenne, tandis qu’Abid Hamadou, né à Touggourt dans le département de Ouargla (à 800 km au sud d’Alger), était noir. Ce dernier aurait été tué par l’armée dans le Sahara dans les années 1990, sans que son décès ait été enregistré.
Pour les besoins de son enquête, l’auteur affirme avoir recouru aux témoignages de membres de la famille des deux hommes. Il a confronté leurs photos auprès de leurs mères, ainsi qu’auprès de « repentis » (anciens combattants islamistes radicaux amnistiés par le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika). Il a également fait appel au témoignage de l’ancien otage français, Pierre Camatte, enlevé le 25 novembre 2009 et détenu par Abou Zeid jusqu’en février 2010.
Germaneau serait mort d’une crise cardiaque avant la date donnée par Aqmi
Autre révélation de Mohamed Mokeddem : l’otage Français Michel Germaneau, enlevé le 19 avril, et dont Aqmi avait annoncé l’exécution, en juillet, en représailles de l’opération militaire franco-mauritanienne contre une base des salafistes dans le Nord Mali, serait mort en réalité « d’une crise cardiaque début juillet ». Ses sources sont des « commerçants algériens qui ont des liens au Mali », où l’otage était détenu et des « sources liées à la situation sécuritaire dans la région du Sahel ».
Zones d’activité d’Aqmi en Afrique.
Abou Zeid est apparu dans les réseaux terroristes en 2003 comme adjoint d’Abderazak le Para, lors de l’enlèvement de 32 touristes européens. Il est considéré comme responsable d’une série de rapts, dont celui du Britannique Edwin Dyer exécuté en juin 2009 et, plus récemment, de cinq Français, un Malgache et un Togolais, le 16 septembre, dans le nord du Niger.
Mohamed Mokeddem assure que le business du rapt fait vivre l’Aqmi. « Les rançons sont transférées pour l’achat de munitions et d’armements. Ce marché est très important au Mali et au Niger », où des militaires et d’anciens rebelles touaregs cèdent leur matériel. Une partie des fonds, assure-t-il, est blanchi notamment « dans le fast-food et le transport ».
Le troisième scoop de Mohamed Mokeddem, fin connaisseur des réseaux djihadistes, n’est pas le moins inquiétant. Il affirme que la présence d’Aqmi dans le Nord Mali n’est qu’une étape dans sa stratégie qui vise à une implantation au Nigeria. Pour étayer son propos, il cite l’apparition de Boko Haram, une secte qui a provoqué ces deux dernières années des centaines de morts après des affrontements contre la minorité chrétienne et contre les forces de l’ordre dans les Etats du Nord-Nigeria.
« L’avenir de l’Aqmi, conclue Mohamed Mokeddem, est au Nigeria, pas au Sahel. » (avec AFP)

14e anniversaire du quotidien El Khabar et remise du prix Omar Ouartilane

Ali Ouafek

Liberté : 06 – 11 – 2004

Le quotidien El Khabar a célébré jeudi soir son 14e anniversaire à l’hôtel El-Aurassi. Le plus grand journal de la presse nationale a saisi cette occasion pour honorer la mémoire de Omar Ouartilane, victime du terrorisme, en remettant le prix qui porte son nom à Ahmed Ancer, journaliste d’El Watan et figure de proue de la profession, à Anis Rahmani, journaliste hors pair de la rédaction centrale à El Khabar, très connu tant au plan national qu’international pour son travail d’investigation, et à Mohamed Bouzana, meilleur correspondant du même journal. Ali Djerri, P-DG d’El Khabar, a dans son discours d’ouverture de la cérémonie rendu un vibrant hommage à Omar Ouartilane et à toutes les autres victimes du terrorisme. Il a appelé à défendre toutes les libertés, notamment la liberté d’expression. Dans ce contexte, il n’a pas manqué de déplorer l’absence de Mohamed Benchicou qui est en prison depuis le 14 juin 2004.La cérémonie a été rehaussée par la présence de nombreux invités représentant le gouvernement, l’APN et le Sénat, des personnalités de la société civile et le monde de la presse.A. O.

Algérie:le procès Lounès Matoub continue malgré le retrait de la partie civile

La partie civile s’est retirée lundi du  procès des assassins présumés en 1998 du chanteur kabyle Lounès Matoub devant  le tribunal criminel de Tizi Ouzou, à 110 km à l’est d’Alger, en faisant  suspendre l’audience, mais le procès se poursuivait sur décision du juge.     L’audience a été suspendue 30 minutes après le début des auditions quand la  soeur du chanteur Malika Matoub et sa mère Aldjia Matoub ainsi que les membres  de la fondation Matoub Lounès scandaient dans la salle d’audience « libérez  Madjnoun et Chenoui, ramenez les vrais commanditaires ».    Malik Madjnoun et Abdelhakim Chenoui sont en prison depuis 13 ans, accusés  d’avoir participé à l’attentat contre le chantre de la culture kabyle perpétré  par un groupe de dix personnes, dont huit sont en fuite ou ont été tuées par  les forces de sécurité.    Chenoui a été évacué de la salle parce qu’il avait commencé à crier « je  suis innocent ».    Malika Matoub s’est adressée à son tour à la salle: « celui qui est mort  c’est mon frère, ce n’est pas un chien. Libérez Medjnoun et Chenoui. Je demande  la comparution de Hassan Hattab ».    Hassan Hattab, ex-chef du Groupe salafiste pour la prédication et le combat  (GSPC) avait revendiqué l’assassinat de Lounès Matoub en mai 1999 et s’était  rendu en octobre 2007 aux autorités qui l’ont placé depuis en « lieu sûr ».    Aldjia Matoub a proclamé durant l’audience « je n’abandonnerai jamais les  poursuites. Je ne pardonnerai jamais jusqu’à ma mort. Ceux qui l’on fait sont  des fils de la région de Béni Douala (village près de Tizi Ouzou), il faut les  ramener ».    L’un des avocats des accusés, Me Amine Sidhoum, a déclaré lors de  l’audience « je compatis avec la famille Matoub et je demande que le procès soit  tenu malgré le retrait de la partie civile parce que deux innocents sont en  prison depuis 13 ans et qu’ils ont droit à un jugement ».    Et « 13 ans en prison sans jugement est une honte pour la justice  algérienne », a-t-il ajouté.    Ali Medjnoun, le père de Malik Medjnoun, a clamé que son fils était   »innocent. Nous sommes voisins avec la famille Matoub. Ils veulent que l’on  devienne des ennemis. Mon fils a été détenu sept mois et demi en secret ».    Le procureur général a affirmé que « la non constitution de la partie civile   n’a aucun lien avec la plainte publique. Le dossier est arrivé sur le bureau  du procureur en juin 2011 et le bureau du procureur n’a rien à voir avec le  retard » dans l’instruction du dossier.     Il rappelle que ce retard est lié aux demandes d’enquêtes complémentaires  de la partie civile.    Selon le code de procédure pénale, le procès peut avoir lieu avec ou sans  la participation de la partie civile.    Lounès Matoub, chanteur porte-drapeau de la culture et de l’identité  berbères, a été assassiné à 42 ans, le 25 juin 1998, par un groupe armé  islamiste au lieu-dit Tala Bouinane, à 5 km de Tizi Ouzou.

anis rahmani  / source: afp

La forêt du Wagadou où Aqmi s’était implantée aux mains des soldats maliens

(REPORTAGE)    Par Serge DANIEL

Al-Qaïda au Maghreb islamique  (Aqmi) venait d’y établir une base d’où elle comptait agir en Mauritanie: trois  semaines après d’intenses combats, la forêt du Wagadou, à la frontière  Mali-Mauritanie, est aujourd’hui sous contrôle des soldats maliens.     »Les tranchées abandonnées que vous voyez là étaient en construction depuis  cinq mois par les combattants d’Aqmi », affirme à un journaliste de l’AFP le  colonel malien Gaston Damango, chef des opérations dans cette zone de la forêt  du Wagadou, à environ 500 km au nord-est de Bamako.    Ces tranchées, profondes d’environ deux mètres, étaient destinées à   »approvisionner cette position en munitions » et permettaient aux « terroristes »  de se déplacer « facilement sans être vus », explique le colonel qui note: « il y  a parmi eux de véritables stratèges militaires ».    A la ronde, quelques grands arbres au feuillage touffu dans cette forêt  longue de 80 km sur 40 de large, pour le reste essentiellement composée  d’arbustes et de buissons, servaient de postes d’observation à Aqmi pour  surveiller l’arrivée d’éventuels ennemis.    Sur le lieu des combats du 24 juin, les restes de huit véhicules calcinés  et des milliers de douilles au sol témoignent de l’intensité des affrontements  entre l’armée mauritanienne, soutenue par celle du Mali, et la branche  maghrébine d’Al-Qaïda.     »Le jour de l’attaque, affirme le colonel Damango, le chef des opérations  de l’armée mauritanienne nous a demandé de bombarder vers le sud-est de la  forêt une position d’Aqmi. L’armée malienne a envoyé au total quinze obus sur  les positions ennemies ».    Selon lui, peu importe que les membres d’Aqmi soient partis d’eux-mêmes ou  bien aient été délogés: « le résultat c’est qu’ils ne sont plus là aujourd’hui,  qu’ils ont subi une défaite ».    Le raid contre cette base qui n’était pas complètement achevée, mais  abritait de l’armement lourd menaçant directement la Mauritanie, selon  l’état-major de l’armée de ce pays, a fait 15 morts côté Al-Qaïda, deux côté  mauritanien, a affirmé le même état-major.    Les armées malienne et mauritanienne ont mené pendant plusieurs semaines  des opérations de sécurisation avant et après le raid, action conjointe appelée   »Benkan », mot bambara qui signifie « Unité ».    Les Mauritaniens sont retournés chez eux il y 15 jours, mais ils ne sont  pas loin, à quelques kilomètres seulement.    Le contrôle de la forêt du Wagadou incombe désormais aux Maliens: trois  compagnies y participent et chaque jour, deux avions de surveillance, don de la  France au Mali, survolent la forêt, ainsi que deux hélicoptères de combat.    Des soldats maliens campent dans la forêt, l’objectif étant d’empêcher  coûte que coûte le retour des djihadistes.    Il faut également déminer la zone, « une priorité », selon le commandant  Baïdi Diakité du génie militaire, car les membres d’Aqmi y ont dissimulé des  mines anti-char de fabrication tchèque « très dangereuses ».    La venue de l’armée malienne dans la région de la forêt du Wagadou a en  outre profité aux populations locales, avec des soins et des distribution de  vivres.     »En quelques jours, nous avons fait ici une centaine de consultations et  quatre opérations », explique le médecin-colonel Sidiki Bérété, à l’hôpital de  la localité de Niono. Des « soins gratuits » pour les maladies ou blessures  bénignes, se réjouit Amadou Tounbé, conseiller municipal. « Dans les cas graves,  il faut évacuer », dit-il.    Non loin de Niono, dans le village de Diabali, deux camions se garent et  des militaires en bermuda en descendent pour distribuer une partie des 100  tonnes de vivres, don de la présidence de la République malienne qui profitera  également aux premiers villages mauritaniens de l’autre côté de la frontière.

anis rahmani / source: afp

Trafic d’armes aux frontières: « rumeur exagérée » selon Alger

La « rumeur » de circulation d’armes en grand  nombre aux frontières algériennes du fait du conflit en Libye a été « un peu  exagérée », a estimé lundi le ministre algérien de l’Intérieur Daho Ould Kablia.     »Je pense que la rumeur disant qu’il y a des armes qui circuleraient en  grand nombre au niveau des frontières, du fait de la crise libyenne, a été   exagérée un peu », a déclaré le ministre à la presse, en marge d’une réunion  algéro-malienne sur les frontières.     »Nos frontières sont sécurisées et il existe très peu de chances que des  armes de cette nature puissent être introduites dans notre pays », a ajouté M.  Ould Kablia dont les propos sont rapportés par l’agence de presse APS.    Début juin, le ministre délégué algérien chargé des Affaires maghrébines et  Africaines Abdelkader Messahel avait affirmé que des armes venues de Libye  avaient été utilisées pour commettre des attentats en Algérie.    M. Messahel s’exprimait après une série d’attaques contre les forces de  sécurité notamment en Kabylie, à l’est d’Alger.    M. Ould Kablia, qui a rappelé la volonté de l’Algérie de « ne  pas  interférer » dans la crise libyenne, a ajouté que « tout ce que dit le CNT  (Conseil national de transition) sur l’Algérie se retournera probablement  contre lui ».    M. Ould Kablia répondait à une une question sur une récente et nouvelle  accusation d’un responsable du CNT sur une implication de l’Algérie dans  l’acheminement de mercenaires vers la Libye.    Depuis le début de la crise libyenne, le CNT libyen a accusé à maintes  reprises l’Algérie d’avoir dépêché des mercenaires pour soutenir le régime du  colonel Mouammar Kadhafi, ce qu’Alger dément à chaque fois avec force.

anis rahmani / source : afp

Des armes venues de Libye entre les mains de terroristes au Sahel (Frattini)

Le ministre italien des Affaires étrangères  Franco Frattini a affirmé mardi à Alger que des armes venues de Libye étaient  tombées entre les mains de groupes terroristes opérant dans la région du Sahel.    La crise en Libye a entraîné « un transfert d’armes, d’hommes et d’argent  qui sont tombés entre les mains de groupes extrémistes terroristes au Sahel », a  déclaré le ministre italien lors d’une conférence de presse conjointe avec son  homologue algérien Mourad Medelci.      »Les groupes extrémistes ont trouvé des armes et se sont servi dans une  région qui est déjà dangereuse », a ajouté M. Frattini, arrivé dans la matinée à  Alger pour une visite d’une journée.    Lors de cette conférence de presse les deux ministres ont plaidé mardi à  Alger en faveur d’une « solution  politique » à la crise libyenne.     »La solution politique est la seule alternative urgente pour le règlement  de la crise libyenne », a déclaré notamment M. Frattini,    Il a ajouté que « la feuille de route de l’Union africaine (UA) sera  discutée vendredi à Istanbul », lors de la prochaine réunion du groupe de  contact international sur la Libye, comprenant tous les pays participant à la  campagne de l’Otan contre le régime de Mouammar Kadhafi.

anis rahmani / source: afp

 

Raid de l’armée mauritanienne au Mali: des corps retrouvés sur les lieux des combats (sources maliennes)

Des corps ont été retrouvés sur les lieux de  l’assaut de l’armée mauritanienne vendredi contre un campement d’Al-Qaïda au  Maghreb islamique (Aqmi) dans l’ouest du Mali, ont affirmé samedi un élu local  et une source indépendante maliens, sans pouvoir préciser leur appartenance.     »Des morts et des véhicules calcinés ont été retrouvés sur les lieux où il  y a eu des combats entre l’armée mauritanienne et Aqmi. Je n’ai pas de chiffres  précis et je ne peux pas dire de quel camp » ils sont, a déclaré à l’AFP un élu  de Nara, ville à environ 50 km de la frontière, proche de la forêt du Wagadou.    Jointe depuis Bamako, une source indépendante sur le terrain a donné les  mêmes informations: « Il y a de nombreux véhicules calcinés et des morts sur  place. C’est un bilan lourd, d’après ce que nous apprenons », a-t-elle dit, sans  être en mesure d’identifier le camp auquel appartenait les défunts.    L’armée mauritanienne faisait état, jusqu’à samedi après-midi, de quatre  blessés dans ses rangs et n’était pas en mesure de fournir le bilan de pertes  infligées à Aqmi lors de cette attaque menée vendredi soir dans la forêt du  Wagadou, proche de la frontière mauritanienne.

Algérie: vives protestations après une bavure militaire suite à un attentat

Les habitants d’un village kabyle ont cessé  toute activité depuis deux jours samedi après la mort d’un des leurs abattu par  erreur jeudi par des soldats qui venaient d’être la cible d’un attentat  sanglant à la bombe, selon des correspondants de presse.    Vendredi, le ministère de la Défense algérien a expliqué, dans un rare  communiqué, qu’ »un citoyen avait été atteint par méprise », durant « la riposte  du détachement et la poursuite du groupe terroriste » dans le village d’Azazga,  en Kabylie, à quelque 100 km à l’est d’Alger, après l’explosion d’une bombe.    Le ministère avait annoncé qu’un soldat avait été tué et un blessé par  l’explosion de la bombe. La presse algérienne a pour sa part fait état samedi  de huit soldats blessés.    La victime civile, Moustapha Dial, père de cinq enfants, qui gardait une  villa, a été soupçonné d’être un assaillant. Les militaires, qui ont pénétré  dans l’enceinte de la villa et de deux autres, saccageant tout sur leur  passage, lui ont tiré dessus, le blessant grièvement, selon les quotidiens  Liberté et El-Watan.    Les journaux, citant des témoignages, ont indiqué que Dial a ensuite été  achevé d’une rafale alors qu’il tentait de gagner la route nationale pour  chercher de l’aide.    Il devait être enterré samedi après-midi dans son village de Souama, à une  vingtaine de kilomètres d’Azazga.    Un rassemblement était ensuite prévu au village, ont indiqué les habitants.    Le wali (préfet) de Tizi Ouzou, Abdelkader Bouazghi, a eu des mots très  durs contre les militaires. « Il y a eu mort d’homme, saccage, vol, dégradation  de biens privés et violations de l’intimité des citoyens », s’est-il insurgé.   »Rien n’explique pareil comportement ».    Une délégation des autorités civiles et militaires s’est rendue sur place  vendredi pour rencontrer la population ulcérée.    Le ministère de la Défense, dans son communiqué, a annoncé une enquête et  présenté ses condoléances.    La Kabylie et les régions de l’est algérien sont de plus en plus touchées  par des attentats généralement commis par des islamistes qui s’en prennent aux  forces de sécurité.

anis rahmani / source : afp

Conflit en Libye: le président nigérien « très inquiet » pour la sous-région

Le président nigérien Mahamadou Issoufou se dit   »très inquiet » des conséquences sur la sous-région du conflit en Libye, qui  risque d’entraîner selon lui une « dissémination importante d’armes » et de  favoriser l’islamisme, dans une interview au journal Le Parisien de samedi.    Je suis « très inquiet et je souhaite qu’une solution politique soit trouvée  rapidement », déclare M. Issoufou. « Je suis d’autant plus inquiet que l’on  risque d’assister à une dissémination importante d’armes, de munitions et  d’explosifs dans toute la sous-région, ce qui rendrait la zone encore plus  instable qu’aujourd’hui », ajoute-t-il.     »Nous redoutons surtout que la désagrégation de l’Etat libyen ne laisse le  champ libre aux tribus ou aux shebabs, ces islamistes présents en Somalie, ce  qui favoriserait trafiquants de drogue, d’armes et d’êtres humains car c’est  par là que transitait l’immigration clandestine vers l’Europe », ajoute-t-il.    Le président nigérien rappelle également que son pays doit « faire face à un  afflux massif de près de 100.000 réfugiés » venus de Libye.    Interrogé sur l’interception le 12 juin par l’armée nigérienne de  trafiquants d’armes transportant des explosifs, un convoi dont faisaient partie  des combattants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) selon les services de  sécurité nigériens, Mahamadou Issoufou a voulu rester « discret ».     »Nous essayons d’en savoir plus, notamment grâce à l’homme que nous avons  arrêté », a-t-il dit, ajoutant que le Niger avait « renforcé » son « dispositif  militaire afin de sécuriser le pays, en particulier les zones stratégiques  comme les exploitations minières ».    L’accrochage a eu lieu à 80 km d’Arlit, cité minière où Aqmi avait kidnappé  en septembre 2010 cinq Français, un Togolais et un Malgache. Elle retient  toujours en otages quatre Français et réclame le départ des troupes françaises  d’Afghanistan en échange de leur libération.    La mouvance islamiste, qui a des bases au Mali et ses racines en Algérie,  commet attentats, enlèvements et divers trafics dans plusieurs pays du Sahel.